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Élections : Dénigrer ses adversaires, la stratégie du moindre effort

Il y a de la politique dans l'air et ça ne sent pas très bon. En effet, cet automne nous irons voter à Montréal et dans plus de 1100 municipalités un peu partout au Québec. Il est également fort probable que nous irons aux urnes pour une élection fédérale, le gouvernement minoritaire de Stephen Harper faisant face à la menace réelle de se faire défaire par les libéraux de Michael Ignatieff. Faut comprendre que ces derniers n'attendent que ça retourner en élections depuis la défaite cuisante qu'ils ont vécu l'an dernier sous leur ancien chef.

Si ça ne sent pas très bon, c'est que partout où on fait campagne on semble préférer un discours négatif, visant à dénigrer l'adversaire, plutôt que de proposer une approche positive, constructive ou inspirante. Remarquez, c'est plus facile de faire campagne ainsi. Ça prend beaucoup de talent et de leadership pour jouer la carte de l'espoir. Pensez à Barack Obama. C'est ce qu'il a fait, sans jamais tomber dans le salissage de ses adversaire, sans jamais plier sur ses principes. Il a réussi à inspirer un mouvement de changement, d'espoir et de positivisme. Il a réussi à rassembler la population non pas « contre Â» quelque chose, mais bien « pour Â» quelque chose.

 

Le piège du négatif

Stephen Harper - Photo par Kashmera (Flickr)C'est bien connu, une fois que les politiciens en campagne font dans le salissage, la médisance, ou l'attaque personnelle, c'est très difficile de revenir en arrière. C'est pas difficile à comprendre pourquoi, parce qu'on aime tous, nous les citoyens, critiquer, bitcher, chialer sur les politiciens. Allez dans n'importe quel café de quartier et évoquez le nom de Gérald Tremblay, de Jean Charest ou de Stephen Harper et observez les réactions. Je vous pari que vous n'entendrez pas de bons mots ni pour un ni pour l'autre. Non, vous verrez plutôt qu'on les associe à la corruption, à l'opportunisme, à la soif de pouvoir, au manque d'écoute de la population, au copinage ou carrément au mépris de la volonté du peuple. Difficile de retourner ça en discours positif quand tout ce qui flotte dans l'air c'est de la frustration.

Les gens sont frustrés et on peut comprendre. C'est après tout l'argent de leurs impôts qui est dépensé par la classe politique. On s'attend à des services en échange de ce qu'on paye et on s'offusque si il y a gaspillage, qu'il soit perçu ou réel. Facile alors de miser sur cette frustration. C'est la voie de la facilité, le « low-hanging fruit Â» comme disent les anglos.

 

Le municipal : politique de gros bras?

Les principaux partis de la municipale montréalaise - Montage par elecnix (Flickr)Là où l'espoir en prend pour son rhume c'est bien au niveau municipal. Je reparlerai certainement sur ce blogue de la campagne en cours pour la mairie montréalaise, mais je dois tout d'abord constater que c'est le palier de gouvernement où l'on nous propose le moins de solutions positives ou constructives. Même l'ancienne journaliste Élaine Ayotte, maintenant candidate dans Marie-Victorin pour l'équipe de Louise Harel n'a pas pu s'empêcher de commencer son entrevue à la Fosse aux lionnes ce matin en bitchant contre les façons de faire de l'administration Tremblay. Et ce qu'elle a proposé de positif c'est la réparation des nids de poule et la meilleure gestion des parcs.

Vraiment? C'est tout ce qu'on mérite? Pas très grave pour mesdames Ayotte et Harel, le message a passé, l'administration Tremblay est corrompue, c'est tout ce dont on aura à se souvenir lorsqu'on ira voter.

Remarquez que ça semble très normal de faire dans le négatif au municipal. Lisez ce que disent les trois chefs dans la course, vous verrez que ça ne vole pas très haut:

 

Le Canada s'inspire de Karl Rove

Ce matin dans La Presse on nous apprenait que le Bloc Québécois prépare une campagne publicitaire négative pour la prochaine élection fédérale. Encore là, rien de très surprenant, on connaît bien la grogne des québécois face aux institutions canadiennes. Ce sera donc facile de cibler ces frustrations pour obtenir des gains rapides. Reste à voir si ça profitera à la population.

Karl Rove - Photo par MatthewBradley (Flickr)Cette technique de rabaisser l'adversaire pour se mettre en valeur est la même qu'a employé le désormais célèbre Karl Rove pour faire élire Georges W. Bush deux fois de suite à la présidence américaine. Ça a laissé un goût amer dans la bouche de toute la population mondiale, mais on s'en fout, l'objectif a été atteint, M. Bush et son entourage ont quand même pris le pouvoir. Après huit ans de son administration, peut-on encore penser que ces techniques ont servi la démocratie? Permettez-moi d'en douter.

Au Canada, sûrement à cause de notre tempérament plus réservé, on a mis un peu plus de temps avant d'employer les techniques de M. Rove. Cependant, depuis l'élection fédérale de 2008 on sait que plus personne ne se retient. Les Conservateurs de Stephen Harper avaient lancé leur campagne en personnifiant de façon négative le chef libéral de l'époque. Le ton était donné, il n'y avait pas de retour en arrière et ça a donné une des campagnes électorales les plus déprimantes qu'il m'ait été donné de voir. Reste que les Conservateurs ont pris le pouvoir, la technique c'est encore montrée efficace. Pour l'espoir on repassera, quand le seul objectif est de se faire élire, rabaisser les autres est beaucoup plus facile que de s'élever soi-même .

 

Leadership, vision et optimisme

Lorsque j'étais à l'université, on disait dans mes cours sur le leadership que la marque d'un vrai leader était sa capacité à élaborer une vision, à la communiquer et à la mettre en action. C'est ce genre de leaders dont on a besoin en politique. Nous avons besoin de gens qui ont une vraie vision, basée sur les opportunités d'avenir et non pas sur les frustrations du passé. Nos gouvernements ont besoin de leaders qui nous expliqueront comment ils comptent s'y prendre pour améliorer le sort de toute la population, pas d'opportunistes qui n'ont comme seul plan de descendre suffisamment leurs adversaires pour mieux paraître.

Le choix est donc entre nos mains, nous les électeurs. La prochaine fois que vous irez aux urnes, essayez d'oublier les frustrations passées et pensez plutôt à ce que vous espérez comme avenir. Après tout, notre vote ne devrait pas être vu comme une façon de congédier les élus en place, mais bien comme une chance de mieux faire pour la suite de choses. Pensez positif!

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Intempestif

intempestif, intempestive

adjectif - ( in-tan-pè-stif, sti-v' )

lat. intempestivus, hors de saison, de tempus, temps

Qui est fait à contretemps, se produit mal à propos ou apparaît comme inconvenant.

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